King Of Da Caillasse II : interview croisée des acteurs
Par Pierre Délas - Kairn.com / photos : coll. Team Les Collets
 

A quelques heures de la sortie du second opus de la team Les Collets, « King Of Da Caillasse II », précisément ce mercredi 9 décembre, Kairn s’est tourné vers les 4 principaux acteurs de la production pour en savoir plus. Loic Gaidioz, Gérôme Pouvreau, Jérôme Meyer et Tony Lamiche font partie du casting et nous font part de leurs expériences de tournage.


- Kairn : Vous figurez sur la nouvelle production de la Team Les Collets. Comment s’est passé le démarchage ? Comment s’est décidé le spot de grimpe où vous avez été shooté ?

- Tony : On se connait très bien avec les gars de TLC. On grimpe toute l'année ensemble, on vient du même coin. Moi je suis pro-grimpeur, et une de mes motivations en grimpe est de découvrir des spots. C’est souvent pour cela que l’on décide de visiter les lieux qui sont susceptibles de nous mettre en transe.

- Loic : Cela fait un petit moment que l’on se connaît avec le Team Les Collets via les compet’ comme leTAB et divers évènements. Le Team Les collets était intéressé pour shooter à Tralenta, Jé Meyer, Marc Daviet et moi-même étions conviés...  Pourquoi refuser un bon moment entre potes et taf sérieux ?!

- Jérôme : Le démarchage ? Et bien très simple, on a reçu un e-mail avec une invitation à se rendre à une audition pour tourner dans un film d'escalade devant présenter les techniques modernes. J'y suis allé avec mon CV, mon plus beau sac à pof et mes chaussons verts à bande noires. J’ai dû démontrer ma maîtrise de la lolotte, de la traction à un bras statique et même faire une grenouille aussi belle que le grand Patrick. Un matin, j’ai reçu un autre e-mail du producteur, Mr Estrambouli, m’invitant à venir démontrer ma haute maîtrise des sciences de l’escalade devant sa caméra. Il m’a demandé où ? j’ai dit Rockland, Camp 4, Hampi… il a répondu : Tralenta !

- Gérôme : En fait  le team Les Collets m’a appelé pour savoir si ça me motivait de faire un segment ensemble, pour ma part j’ai dit oui tout de suite. Pour le choix du spot je leur ai donné plusieurs propositions et notamment la Vierge à la Sainte-Victoire ils ont de suite été emballés.

- Kairn : Pendant combien de temps et comment s’est déroulé le tournage ? Vous avez fait beaucoup de prises ?

- Tony : Pour mes «parts» ce fût simple. La voie de la Roche que j’essaie est à 400 mètres de la maison. Deux jours d’essais ce printemps on suffit pour faire le «shooting». Pour ce qui est de Santa, j’ai fait un trip de 3 semaines sur place, les frères Semiond sont venus 2 semaines et on a tourné une petite semaine…

- Loic : Sur Tralenta, on a passé 2 jours de tournage sans trop de repos ! Repérage des blocs proposés par Jérome, avec définition de qui va faire quoi, qui grimpe quoi, qui filme avec quelle caméra, quel angle, quel plan... Chacun avait son rôle bien attribué. Le temps de taper des runs dans le bloc concerné, cela suffisait au Team Les collets de se mettre en place, faire quelques prises de vues serrées, larges  afin de compléter un segment, et lors de l’enchainement du bloc, c’est comme si cela signifiait la dernière prise de vue ! On avait presque plus rien à faire après ! Du pro, de la bonne humeur, du super taf ! Donc que du bonheur ! Concernant Santa Gadéa, le trip était déjà convenu entre Tony Lamiche (et Isa, Seb Foissac, …)  et je suis venu me greffer à la partie.  Du grès, un cadre de dingue, des blocs superbes, pour tous les gouts, tous les niveaux…  Gaz, je vous rejoins ! Au niveau des prises de vues, c’était le même genre, on a eu affaire à de vrai pros, donc en gros, peu de choses à faire ou à refaire si ce n’est grimper !

- Jérôme : Le tournage s’est déroulé sur deux jours, on a eu un peu de mal à se caler a cause de la météo scabreuse à cette période. On a ainsi tourné l’après-midi du premier jour, un peu le soir (la séquence à la frontale) et le lendemain matin. De cette manière, on avait toutes les expositions. En ce qui concerne les prises, ça aurait pu être compliqué, mais entre le professionnalisme du Team Les Collets et notre haute maîtrise de l’escalade ! ça a bien roulé. En fait avec Loic on a fait que des blocs qu’on connaissait, ce qui facilite le boulot car on devait le faire en général une ou deux fois. De plus, pas question de tricher  (démarrer au milieu ou se faire pousser) car le temps était précieux et les trois caméras tournaient simultanément. Enfin, pour donner des images un peu plus percutantes on a fait quelques passages sans pareur, si tu ajoutes à cela qu’on était très léger en crash pads, je peux te dire qu’on était content de sortir des blocs.

- Gérôme : En tout, le tournage a duré 2 jours, ils étaient trois au total. Pour le nombre d’essais… A vrai dire, je ne m’en rappelle plus vraiment, mais j’en ai fait pas mal, car j’étais super guronzé pour grimper.

- Kairn : Pour vous, qu’est-ce qui était important de mettre en évidence sur cette séquence vidéo ?

- Tony : Le style de grimpe, la beauté des lieux et l'intérêt de la ligne.

- Loic : J’ai vraiment aimé la manière qu’a le Team Les collets de filmer, car ils font bien ressortir l’aspect « beauté du lieu »,  des portraits, des ITW, des blocs de tous les niveaux et un esprit de grimpe, contrairement à beaucoup de vidéos avec seulement des blocs en 8C/8C+ (voir bientôt 9A pendant qu’on y est !),  des grimpeurs de dos, et aucune idée du « spirit, » et du décor … Si ce n’est le reflet d’un grimpeur dans une flaque d’eau !

- Jérôme : La beauté d’un site, l’originalité de certains mouvements et le fait qu’on s’amuse beaucoup à jouer à ce jeu là.

- Gérôme : La beauté du site, car la Sainte c’est vraiment la classe, et la voie bien sûr, avec beaucoup d’amplitude dans les mouvements.

- Kairn : Un anecdote qui vous est arrivée pendant les journées de tournage ?

- Tony : Un top projet, que nous avons filmé pendant toute les tentatives, mais nous avons oublié de faire «rec» (ndlr : enregisrer) pour l’ascension. J’ai bien essayer de le refaire mais pas moyen...Dommage, ce sera en vidéo une prochaine fois.

- Loic : Tralenta : traverser une rivière à 23h et des brouettes, à 5°, avec de l’eau jusqu’aux genoux et glisser pendant la traversée pour faire goûter l’eau froide aux chaussures et au pantalon qui étaient sensés apporter un peu de sec et de revigorant une fois de l’autre coté !
Santa Gadéa : La flémingite aigüe du bloqueur par excellence, qui se dit je vais les avoir en prenant un raccourci, alors qu’on lui dit que c’est pleins de marécages à cet endroit, et qui pour finir se voit batailler pendant de jolies minutes avec de la boue jusqu’aux genoux …  Je ne citerai personne !

- Jérôme : Le TLC avait pour but de faire une séquence complètement de nuit avec les Ultra(s) de Petzl, histoire de montrer, à ceux qui n’y croient pas encore, que le bloqueur peut maintenant se moquer le la nuit. Mais le truc c’est qu’on est rentré manger à l’appart, on a envoyé sur le gaz la tambouille, ouvert une bière ou deux, enfoncé le canapé et là personne n’avait plus envie de bouger. Il s’en est fallu de peu qu’on reste collé à la maison à siroter des bières. On a fini par décoller à une heure salement tardive après d’âpres négociations pour s’apercevoir devant la rivière qu’on devait traverser, que le gué n’existait plus. A 1800 m, vers minuit les deux jambes dans de l’eau à 4° tandis que les cameramen se moquent bien plantés sur la rive, on a eu un petit moment de solitude ! Mais bon, la séquence était sympa et à part le retour dans l’eau, je signe pour une autre session.

- Gérôme : Heu… je ne sais pas si je dois le dire car ils vont se faire traquer par leurs potes de l’Argentière. Bon j’me lance voyez-vous,  ces messieurs se sont aperçus qu’ils avaient oublié le matos de grimpe à la caisse lorsque nous sommes arrivés au secteur soit 25 minutes de descente plus 35 minutes à la montée sans compter les crocos et autres espèces. Mais ils sont gaillards à l’Argentière !


- Kairn : Comment décririez-vous en quelques mots l’esprit King of Da Caillasse ?

- Tony : De la passion dans la grimpe, du rythme dans le montage et beaucoup de motivation.

- Loic : Je n’ai pas vu le film encore, mais si l’ambiance est restée la même que lors du tournage, si les spots ont gardé leurs superbes couleurs, si les blocs n’ont pas changé, si on voit Tony dans sa magnifique tenue de vélo (je me suis bien gardé de prendre la mienne !), cela devrait être un très bon moment de visionnage ! Je n’ai sûrement pas répondu à la question, mais j’ai hâte de voir le film !

- Jérôme : On a un film fait par des pro qui sont aussi des grimpeurs de très haut niveau, surtout Mr Estrambouli. Du coup ils ont une capacité à mettre en valeur les mouvements qui est très efficace et ça, en tant que grimpeur, c’est très agréable. En tant que spectateur, j’ai quand même l’impression que ça rend quelque chose de sympa, donc c’est tout bien ! En espérant que ça plaise à tous le monde, car on y a mis notre cœur, enfin surtout Mr Estrambouli.

- Gérôme : Un bon moment d’escalade entre potes.

Pour commander le DVD, rendez-vous à partir du 9 décembre sur King Of Da Caillasse II