Kinescalade Tour à Block'Out
Par Pierre Délas - Kairn.com
 

 A l’occasion des 10 ans de son site internet, Jocelyn Loubriat, kiné sur Pau et webmaster de Kinescalade.com, démarre une série de conférences à travers les salles de grimpe de l’hexagone, tournée dont Kairn est partenaire.


Comme la veille en banlieue lilloise, une cinquantaine de personnes se sont retrouvées en début de week-end à Block’Out (Cergy-Pontoise, 95)  pour assister à cette deuxième étape du Kinescalade Tour. Passés les effroyables bouchons du vendredi soir, nous prenons place dans l’auditoire au moment où Jocelyn met en route le rétro projecteur. Pile poil !

La conférence démarre sur une description assez scientifique des principaux mécanismes qui mènent à la blessure. Armé de planches anatomiques détaillées et de justifications physiologiques épurées, Jocelyn rentre direct dans le vif du sujet et explique le plus simplement possible les effets d’un sur-entraînement et de la fatigue musculaire sur notre organisme. Il décrit ensuite les blessures qui en découlent, jusqu’à cibler plus particulièrement celle qui nous intéresse d’avantage ce soir et sur laquelle est axée le thème de la conférence : « la rupture de poulie ».


La théorie terminée, place au concret pendant plus d’une heure. Jocelyn veut marquer les esprit et nous propose une explication détaillée des lésions sur les poulies à travers des supports variés. On a droit à de superbes images de dissection,  où muscles, tendons, aponevroses sont apparents, avec quelques clichés passés furtivement pour ne pas écoeurer trop les âmes sensibles. Les schémas explicatifs des poulies sont particulièrement bien dessinés et on comprend assez vite les conséquences des traumatismes et la réalité de la blessure. Sans notre poulie, tendon et os ne sont plus liés et toute la « motricité » du doigt est alors condamnée, comme le prouve cette vidéo pas vraiment rassurante de la flexion du doigt amoché de Stéphane Julien, séquence qui a engendré quelques grimaces dans l’assistance.


Mais le but de son intervention est surtout d’apporter au grimpeur des billes sur la prévention de cette blessure. Jocelyn nous parle alors entre autres de l’échauffement, qui pour lui doit obligatoirement comporter une phase générale et durer 35 à 40 minutes environ par séance. Il nous sensibilise aussi sur les étirements de fin de séance qui sont aussi une phase importante de la récupération et malheureusement trop souvent ignorés par les grimpeurs. Enfin, l’hygiène de vie trouve aussi sa place dans ce thème, et on apprend par exemple que fumer réduit la capillarisation et donc ralentit considérablement le mécanisme de vascularisation nécessaire pour drainer les déchets accumulés par les muscles lors d’un effort, particulièrement dans les parties distales du corps (c'est-à-dire les extrémités : doigts, doigts de pied).

 


La fin de la conférence s’articule sur le thème des soins que l’on peut apporter en cas de bobo. Sont abordés le massage, le glaçage, l’usage d’anti-inflammatoires,… Jocelyn prône pour des soins « actifs » où le patient doit s’impliquer dans sa guérison, ce qui pour lui permet d’accélérer le rétablissement et aussi de limiter le risque de récidives. Les questions de la reprise progressive d’activité et de l’aménagement de la pratique sont aussi abordées.


Le questions/réponses clôturant les débats fut bien animé avec des questions diverses et fort pertinentes. A travers une revue détaillée et une bonne compilation des articles se trouvant sur son site web, Jocelyn a réussi à bâtir une conférence captivante dont les arguments ont majoritairement convaincu l’auditoire : grimper, c’est produire des efforts, mais c’est aussi écouter son corps pour adapter sa pratique et pour pouvoir durer à long terme sans se faire mal. « Vaut mieux grimper un peu et longtemps que grimper beaucoup et vieillir frustré ! »


Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter Kinescalade.com. A l’occasion des 10 ans du site, vous pouvez temporairement consulter les versions antérieures et donc avoir accès à davantage de connaissances pour gérer aux mieux tous les désagréments liés à la pratique de l’escalade. Donc servez-vous ! Prochaine étape de la tournée : Toulouse, le 12 janvier.