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Mardi, 5 août 2008
Le premier Raid CanéO Nature de l’histoire du sport aventure touche à sa fin. Les athlètes des 31 équipes qui n’ont cessé de multiplier les exploits tant sur le plan de l’endurance que sur le plan technique ont 986 km derrière eux. Un dernier effort pour les ultimes 125 km les mènera, jeudi, à Marseille, terme de leur long périple.
Ce matin, après quelques coups de pelles, leurs kayaks passaient sous le Pont du Gard. « Émotionnant, impressionnant » reconnaissaient les compétiteurs au moment d’ abandonner leurs embarcations au pied de cette merveille architecturale. Suivait une marche orientation de 7 km qui les menait aux « tunnels » de Sernhac, bribes de l’immense aqueduc romain.
Le VTT les faisait pénétrer plus avant dans la Provence de Daudet – son Arlésienne, toujours absente et son moulin remplacé par des éoliennes hélas bien présentes – avant de renouer avec leurs kayaks chevauchant cette fois le Petit Rhône. Un bon vent nord-sud poussait les équipes à un luxe d’imagination : comment adapter une voile au kayak sans contrevenir au règlement ? Les réponses données ce matin à Beaucaire allaient de la pseudo voile latine au spi plastique en passant par le grand parapluie britannique à la redoutable efficacité. La Camargue fut ainsi traversée par de frêles esquifs planant sur les eaux.
À Beaucaire, les équipes de « l’extrême », toujours emmenées par l’inaccessible 29 WILSA SPORT HELLY HANSEN de Karine BAILLET, sont arrivées dans un mouchoir de poche. Pas de quoi modifier le classement général établi lors de la quatrième étape. Idem pour le classement « raider » où les sept équipes derrière la 24 SOFERMI RAID NATURE 46 maintiennent leurs positions respectives. Il n’y a guère que dans le classement « aventure » que l’étape d’aujourd’hui apporte une modification inattendue. La 1 EMSA RAID ÉPERNON, jusqu’alors dauphine de la 27 BAYER VET ADVENTURE TEAM, se retrouve hors classement pour avoir abandonné, dans la nuit, un parcours de marche orientation.
Zoom sur…
S’il est une équipe qui ne souffre pas trop de la canicule, c’est bien la 32-PIC SAINT-LOUP AVENTURE. Originaires de l’Hérault, ils sont même contents de retrouver des paysages familiers et la chaleur actuelle. Mais après plus d’une semaine de Raid CanéO Nature, la fatigue est de plus en plus marquée sur les visages. Ils ont à peine dormi deux heures dans la nuit de lundi à mardi à Collias (Gard) lors de la transition entre le VTT et le kayak sur le Gardon. Actuellement troisième au classement « raider », c’est surtout la grotte des Fées qui les a épuisés lundi. « On y est resté 4h30 ! » déplore Christophe Denouche. Avec beaucoup de techniques de corde, cette grotte était moins difficile mais plus fatigante que la Dragonnière de Banne. Sans compter les petits bobos à la sortie, comme le coup au tibia pour Patricia Bonneau ou encore la petite entorse du genou que Christophe traîne depuis plusieurs jours. La fin de cette avant-dernière étape au Paty de La Trinité leur permettra de reprendre quelques forces avant le sprint final vers Marseille.
À la lecture de leur palmarès respectif, l’équipe 14-CAP OPALE pouvait prétendre à jouer aux avant-postes. Mais une succession d’infortunes les poursuit depuis le départ. Tout a commencé par une grosse chute de cheval du capitaine de l’équipe Julien Charlemagne quelques minutes après le départ de Versailles. Le soir même, c’est Patrice Libert qui souffrait d’une forte intoxication alimentaire. Et deux jours plus tard, la remorque de l’assistance se cassait en deux, les empêchant de disputer deux sections de roller et kayak. Sanction immédiate, ils sont hors classement mais poursuivent l’aventure malgré des crevaisons et avaries à répétition. « Ce sont les aléas du sport » philosophe Julien. La scoumoune les poursuit dans la grotte des Fées hier où ils ont dû attendre 2h à l’entrée et rester 5h à l’intérieur à cause de l’embouteillage créé par deux équipes mal équipées ou moins sereines… Mais ils gardent le sourire, prennent du plaisir et ont voulu montrer de quoi ils étaient capables en arrivant les premiers à la Garde Guérin vendredi dernier, mais toujours hors classement bien sûr. Dernière avarie en date, l’un des deux kayaks biplaces s’est ouvert sur 5 cm à cause d’un rocher immergé dans l’Ardèche. Après autant de péripéties, le plaisir de rejoindre Marseille aura la saveur d’avoir vaincu l’adversité. « C’est la soirée finale à Marseille » qui nous fait tenir plaisante Patrice Kergosien. Nul doute que la fête sera belle… L.L.B.
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