En revendiquant le vandalisme de deux croix sur les montagnes fribourgeoises, Patrick Bussard a provoqué la stupeur. Mais aussi le soulagement, à entendre Maurice Ropraz, préfet de la Gruyère: «Heureusement qu’il a été identifié. Des gens du coin commençaient à se regarder de travers.» La profanation de la croix du Vanil Noir et surtout l’abattage de celle des Merlas ont levé un vent de colère. «Le sentiment religieux est sûrement plus fort chez nous que dans une région urbaine», constate le préfet fribourgeois.
Fribourg aime ses croix, que le terreau catholique a fait pousser ici comme des champignons au printemps. Le Service des biens culturels en recense 754. «Certaines remontent au Moyen Age et plus de 140 sont protégées», note Aloys Lauper, directeur adjoint du service. Les croix de montagne, elles, ne sont pas recensées. Les sommets en compteraient une cinquantaine. «Elles sont apparues avec les débuts de l’alpinisme, la plus ancienne que j’ai trouvée date de 1935», témoigne Denise Sonney, qui prépare un livre sur le sujet.
Certaines croix de montagne marquent une forte présence religieuse. Telle la croix du Reculet, plantée en 1892 par les catholiques du Pays de Gex pour défier la très protestante Cité de Calvin. Ce n’est pas le cas des croix gruériennes. «Ce monsieur scieur de croix n’a rien compris, pense Denise Sonney. Ces croix ont été montées par des gens pour demander protection à Dieu, c’était un signe d’humilité devant les dangers de la montagne.» Lire l'article
Photo C.Larcher/CWN/Kairn.com
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