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 Les « bilans » du Plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées françaises

Par Texte et photos Louis Dollo
Article saisi le : 20-06-2008
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Après les services de l’Etat (Ministères de l’Ecologie et de l’Agriculture) dont le bilan est encore « secret », le groupe environnementaliste ADET, FERUS et le WWF, c’est la coordination pyrénéenne ADDIP qui ferme la marche des bilans intermédiaires sur le Plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées françaises.

 

Bilan mitigé pour les uns, réussite pour les autres en tout cas fort controversé et une évidente faillite sociale et psychologique.

 

Les environnementalistes ne nous apportent pas grand-chose dans la vision environnementale des Pyrénées. Après un historique classique parfois révisé ou volontairement incomplet sur les origines, les auteurs ne font qu’affirmer une idéologie basée uniquement sur des affirmations et des slogans vieux d’un quart de siècle tel que : « L’espèce Ursus arctos est encore présente chez nous, elle doit le rester. » tout en affirmant « Nous ne faisons pas de la conservation de l’ours l’alpha et l’oméga de la politique de protection de la nature en France. »

Mais le clou du propos est de dire : « Nous savons que l’espèce n’est pas menacée à l’échelle planétaire ou même européenne, du moins à moyen terme. » Est-ce une belle démonstration de mensonge ou d’incompétence ? Tenir un tel propos et vouloir à tout craindre imposer des ours dans les Pyrénées, au besoin en employant la force (Cf. Lâchers d’Arbas)

 

Tout le rapport tourne autour de cette incohérence majeure pour en arriver à une autosatisfaction des importations d’ours dans les Pyrénées en affirmant qu’il en faut encore sans chercher à justifier une telle position.

 

Les exemples du Trentin comme des monts Cantabriques constituent, pour eux, des références alors que nous savons qu’il s’agit bien de contres exemples. Prétendre que tout va bien alors que l’Espagne en est à créer, non pas des réserves d’ours ou de loups mais « des réserves de paysans » c’est bien la preuve que l’environnementalisme français est tombé bien bas.

 

Dans son chapitre « Conditions préalables aux lâchers », ce n’est pas le monde selon Monsanto qui nous est décrit mais le monde selon le WWF. L’homme n’a plus sa place. Il doit partir. On ne tient pas compte de lui, il ne doit plus exister. C’était aussi la vision de Gilbert Simon, vice-Président de FERUS, alors qu’il était Directeur de la nature et des paysages au ministère de l’Ecologie dans les années 90. D’ailleurs, n’avait-il pas fait une démarche notamment auprès du député des Hautes-Pyrénées, Pierre Forgue, pour imaginer une certaine forme de « déportation » des bergers et éleveurs des vallées (Cf. « Génération Démagogie » de Marianne Bernard). « Donnons leur le RMI, ça nous coûtera moins cher» était la base de réflexion. Quelle vision pour l’homme ? !

 

Bref ! Vingt et une page pour nous dire qu’il faut poursuivre le programme c'est-à-dire persister dans l’erreur, dans ce que refuse les collectivités locales, les habitants des vallées en nous disant que « c’est l’affaire de tous » et que l’ours est un bienfait pour le développement durable.

 

Curieuse vision de la société montagnarde pyrénéenne.

 

De son côté, l’ADDIP débute très fort par une citation de la Secrétaire d’Etat Nathalie Kosciusko-Morizet tiré de son ouvrage datant de 2001 « L’environnement, nouvelle frontière politique » (pages 1 et 2) : « L’écologie politique vit de cette idée étrange que la catastrophe est un objet humain, que la faute est tout entière entre nos mains, que là sont nos responsabilités, comme une perspective diabolique. C’est cela qu’il faut déconstruire. /…/ »

Voilà une excellente idée qu’elle devrait appliquer à son entourage et aux associations environnementalistes. Et elle poursuit :

« Mais surtout nous ne nous posons pas assez la question de l’impact social des mesures environnementales. Or, il y a là un vrai sujet : ne pas créer de nouvelles inégalités, ne pas enfermer les plus modestes dans des contraintes inefficaces, inutiles ou contre productives, c’est pourquoi une politique environnementale est une vision qui s’inscrit dans une politique de la ville, une politique industrielle, une politique des transports... C’est pourquoi cette politique ne se découple pas, ne se segmente pas. »

 

Ce n'est ni plus ni moins qu'un résumé de ce qui anime la coordination pyrénéenne depuis plusieurs années. Difficile de faire mieux sauf si la Ministre a changé d’avis avec sa nouvelle fonction. L’auteur du rapport de l’ADDIP, Bruno Besche-Commenge, nous livre des commentaires et une analyse des contradictions des diverses politiques, non pas de l’ours exclusivement, pas de la biodiversité et du développement durable.

 

Les "mensonges d’Etat" (ou/et associatifs) sont abordés et il est fait référence aux grands axes que le Groupe 2 du Grenelle de l’Environnement (« Préserver la biodiversité et les ressources naturelles ») a parfaitement cadré en citant :

 

- la page 16 du rapport de ce groupe : « Toute la biodiversité est concernée par cet enjeu à commencer par la biodiversité ordinaire, celle de tous les jours, celle qui n’est pas nécessairement protégée ».

- la page 31 de l’annexe 1 : «  en France /…/ tous les paysages, réputés naturels ou non, sont le fruit d’une coévolution du travail de la nature et de l’homme ».

 

 Tout le Bilan de l’ADDIP est à l’opposer de celui des environnementalistes. L’un est tout pour l’animal et le « sauvage » tandis que l’autre tourne autour de l’homme, de ses activités, de sa présence, de son histoire, de la préservation de son environnement y compris celui de vie depuis des millénaires et de son développement. Le Grenelle de l’Environnement est la référence et non une idéologie qui a vu le jour il y a 25 ans dans un contexte conflictuel, de pression voir même de corruption.

 

Comme il est précisé dans une lettre adressée au Président de la République et aux Ministres de l’Ecologie et de l’Agriculture, ce « bilan est d’abord une réflexion sur le passé, le présent de notre massif, et le rôle qu’il doit jouer dans l’avenir au croisement de ces deux défis mondiaux pour le nouveau millénaire : conservation de la biodiversité et développement durable. Aux antipodes, redisons-le, de l’ensauvagement, artificiellement recréé, que supposerait une population d’ours naturellement viable. »

 

Les bases sont jetées pour un dialogue éventuel qui semble mal parti avec la création d’un « groupe national ours ». L’absence de véritable représentation des collectivités locales et des acteurs locaux tout comme le caractère limitatif à l’ours au lieu des deux grands problèmes de société que sont la biodiversité et le développement durable laisse présager un fiasco de la visite de Nathalie Kosciusko-Morizet le 26 juin prochain à Toulouse qui, dés le départ, semble piégée dans ses propres contradictions.

 

 

 

 

 

 
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